A propos


Royal-Artillerie fut lancé fin janvier 2005 sur la Toile avec l'ambition de participer à la banalisation de l'offre royaliste autour de la mouvance monarchiste des fidèles et au-delà si possible, sans préjugés réducteurs ni tabula rasa. Faire la propagande aimable d'un meilleur futur possible est l'axe rédactionnel de ce blogue.
Le discours politique délivré par les cinq chapelles royalistes est fortement ancré dans le passé de la France et aucun futur acceptable pour notre pays n'est jusqu'ici promu sans adoubement de tout énoncé par l'Histoire, au principe maurassien de l'empirisme organisateur. Il est donc impensable (ou extravagant) de promouvoir l'idée monarchique ex-nihilo, même si le parti de l'Alliance Royale a fait de son côté un véritable travail de construction d'une plateforme politique royaliste "jouable".

Si l'angle d'attaque de la propagande nécessaire au triomphe de la monarchie est logique et cohérent dans les chapelles dès qu'il se fonde sur l'expérience, il a le défaut essentiel de scléroser le débat quand ce dernier est mené sans recherche de l'innovation. A tel point que l'image de la mouvance royaliste est très généralement confite en commémorations, réhabilitations et dénonciations ; avec parfois des connotations imméritées mais trop mollement réfutées. Les hypothèques léguées par l'Action française n'ont pas encore bénéficié de la main-levée.
Cette image n’est jamais associée à une prospective ou simplement à un projet !

Que des travaux historiques professionnels soient nécessaires pour revisiter l'Histoire ne se discute pas, tant le passé de la monarchie a été galvaudé, trahi, menti ; mais si l'on ne veut pas mourir "royaliste" il faut s'atteler au retour du roi avec les arguments qui portent aujourd'hui, et admettre qu'il ne viendra pas sur les ailes de la Providence, ni comme un deus ex-machina de théâtre lors d'une rupture constitutionnelle ; mais plus sûrement à l'issue d'un long travail de réacclimatation de l'idée royaliste au sein de l'Opinion.

C'est du moins la thèse de Royal-Artillerie.

Ceci étant posé, il convient de baliser le paysage politique des prochaines années et signaler la meilleure queue de trajectoire possible :

(1) La France est une ancienne grande puissance de taille moyenne, dont le prestige est mis en péril par l'affaissement moral et mental de ses peuples et par une gestion inqualifiable de sa république.

(2) Dans le monde globalisé actuel, nous faisons partie de la péninsule continentale eurasienne dans une position géographique incontournable, la meilleure place en fait, véritable rente de situation, très mal exploitée.

(3) Aussi fort qu'elles brillent, les lanternes de l'indépendance et de la souveraineté absolue sont des vessies. Celles-ci, qu’exprime le slogan "la France seule" obsolète depuis le débarquement des Sammies à Saint-Nazaire en 1917: Lafayette nous voilà !, éclairent des impasses qui réclament beaucoup d’énergie à pénétrer.
Nous sommes obligatoirement acteurs de l'Union européenne, de l'Organisation de l'Atlantique Nord et de l'Organisation mondiale du commerce. Notre jeu n'est pas d'abattre la carte indépendance mais de réunir celles d'une puissance revenue pour commander à nos dépendances.

(4) Criblée de dettes, la république ne peut exploiter sa rente géographique et culturelle pour une raison somme toute simple : la dette abyssale n'a pas de contrepartie infrastructurelle qui la gagerait, mais s'est accumulée au fil des campagnes électorales en rémunération des classes sociales au moment victorieuses. La démocratie d'étage national est bien plus que l'exaltation de l'envie (comme disait Proudhon) mais un principe de drainage continu des richesses accumulées. Ses tabous se nomment "solidarité" et "partage" avec la précaution de ne pas les appliquer aux générations montantes. C'est un système convenant aux criquets pèlerins, pas aux hommes de bonne foi !

(5) Tout pays d'une certaine taille a besoin d'une politique de temps long, assumée par des compétences non partisanes et fondée sur le bien commun. L'histoire a montré que les périodes d'aristocratie (au sens athénien) accroissaient les richesses distribuables et la force commune de la Nation tandis que les périodes démagogiques (avatar inévitable de la démocratie d'étage national) dilapidaient les richesses, même celles qui n'étaient pas encore disponibles, et détruisait la force commune par le combat des partis et la règle de légitimité acquise au nombre, mère de tous les affrontements fratricides.

(6) Le roi est la clef de voûte idéale puisqu'il pérennise l'idée de Nation, l'incarne toute et la domine. Il sert de repère fixe dans les périodes de tumultes, apaise les contentieux, recherche le bien de chacun et de tous, et par éducation, est au fait de la chose publique très tôt dans sa vie. La charge de roi accumule l'expérience nécessaire à l'exercice de sa fonction pendant une période plus longue que la seule vie du titulaire au moment. Le roi dont le souci premier est le legs d'un héritage toujours mieux consolidé n'est prisonnier d'aucun dogme, d'aucune idéologie, d'aucune loi supérieure à celle qui le sacre. Le roi est enfin la garantie d'un rajeunissement périodique de la clef de voûte nationale quand s'ouvre sa succession. Le modèle est naturellement évolutif.

lis RA®
- lys de deuil ©RA 2005 -


C'est ce diamant de la monarchie délivrée des hypothèques indues que Royal-Artillerie avait voulu contribuer à faire découvrir à ses lecteurs, en espérant que d'autres rédacteurs se lanceraient sur le même axe de vulgarisation non dogmatique, pour que un jour la question se pose éventuellement dans le pays : « Un roi ? Pourquoi pas ? »

Aux résultats d'audience après huit ans, l'effet d'entraînement n'a pas vraiment fonctionné. Si l'angle d'attaque ci-dessus est en cause, si la forme rédactionnelle voire le fonds apparaissent décalés ou inintéressants au-delà d'un public d'initiés, on peut stopper la poulie. Depuis le mois de mars 2013, ce blogue est devenu le réceptacle de réflexions épisodiques, mais n'en salue pas moins ses lecteurs fidèles.


Le piéton du roi
Madrid, le 15 août 2008
mise à jour de la conclusion le 10 juin 2014





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