samedi 14 avril 2018

Ça phosphore dur au Kremlin !

Destroyer USS Porter en action

Cent missiles ont frappé cette nuit la filière de production de précurseurs* chimiques syriens. L'attaque a duré une heure et n'a (ou n'aurait) pas impacté de populations civiles selon les gouvernements alliés. Cette riposte promise par les Etats-Unis et la France au bombardement de Douma (Ghouta orientale) à la chlorine, a finalement été livrée dans la zone tenue par les forces du président Assad, sans engager les troupes amies provenant du Hezbollah, d'Iran et de Russie. La DCA syrienne aurait abattu un nombre indéterminé de missiles, peut-être aucun.

* En chimie, un précurseur est un composé participant à une réaction qui produit un ou plusieurs autres composés (wiki). Les engrais font de bons précurseurs, comme chez AZF à Toulouse en 2001.

A compter de ce matin, le théâtre de la Réprobation a levé son rideau et ces messieurs représentant la Russie à l'ONU de dénoncer l'insulte faite au Csar, celui qui avait garanti l'exportation après séquestre de toute la production chimique syrienne. Les mêmes ont torpillé auparavant une commission d'enquête de l'ONU sur l'origine des tirs, en même temps que l'OIAC (Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques de La Haye) partait en Syrie analyser le produit et ses composants pour permettre à l'ONU de remonter aux fabricants primaires. En coupant l'herbe sous les pieds de l'ONU, la Russie pensait protéger qui ?

Cette pitrerie russe a joué en faveur de la riposte puisque les Français par leur propre renseignement et les Américains par d'autres voies avaient déjà établi avec quasi-certitude l'origine, n'attendant qu'un nihil obstat de la communauté internationale. Dans son ensemble, celle-ci approuve explicitement (comme la Turquie) ou consent sans mots dire. L'Allemagne dont l'industrie chimique a pourvu toutes les dictatures arabes des bases élémentaires, apporte son soutien verbal sans participation comme d'habitude, à la demande des concessionnaires Mercedes au Moyen-Orient. Le reste du monde ne compte pas en cette affaire, pas même la Russie qui est maintenant enferrée plus profondément en Syrie que ne l'était l'Union soviétique en Afghanistan.
Pour ce qui concerne les deux autres amis de Bachar el-Assad, on a bien compris qu'ils étaient laissés au traitement exclusif d'Israel qui a obtenu la libre pratique sur toute sa zone d'intérêts. L'Iran et le Hezbollah, malgré leurs rodomontades, commencent à être dissociés de la solution finale qui viendra bien un jour, par les effets d'un combat d'usure mené par Tsahal pour anéantir leur établissement en Syrie. L'Etat juif n'a pas le choix, son éradication étant toujours au programme de la République islamique d'Iran et de sa milice libanaise du Hezb.

La grande affaire ce matin est dans la nature des représailles russes. La paire de claques à Bachar el-Assad est aussi une gifle à Vladimir Poutine, mais l'état-major a déjà précisé que le corps expéditionnaire russe n'avait été ni prévenu, ni visé, ni touché et n'avait donc déclenché aucune contre-mesure à l'attaque aérienne des alliés occidentaux. Ceci tranche avec la rhétorique guerrière de l'ambassadeur russe à Washington et du porte-parole de Lavrov à Moscou. Mais c'est Poutine et nul autre qui doit décider du risque à prendre. On sait qu'il est plutôt prudent quand ça chauffe. A preuve, il va au Conseil de Sécurité**.
Il n'a pas réagi quand les F-16 turcs ont descendu un Soukhoï-24 au-dessus des troupes turques en 2015 ni même quand de faux mercenaires russes (Groupe Wagner) ont été tués par les avions de la Coalition. On notera que depuis le déploiement d'une brigade OTAN équipée de neuf dans les Pays baltes, le bruit a sérieusement diminué parmi les minorités russes qui comptaient sur une opération à l'ukrainienne pour se rétablir dans la situation de pouvoir antérieure à l'effondrement de l'URSS.

** PS : Le Conseil de Sécurité réuni à 11h de New-York aujourd'hui a rejeté la résolution russe condamnant les alliés occidentaux. Seules la Chine et la Bolivie ont suivi.


Sauf guerre atomique, impensable pour les beaux yeux de Bachar el-Assad, la Russie d'aujourd'hui ne peut mettre en ligne dans la durée des forces conventionnelles menaçant sérieusement l'OTAN. Reste donc à trouver à Moscou les bons éléments de langage pour sortir de l'engrenage des déclarations stériles. Ces éléments vont surprendre les idiots utiles français qui se répandent sur les plateaux pour annoncer la fin du monde. C'est plus compliqué qu'ils ne pourront jamais le comprendre.



Frégate française multi-mission Languedoc

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