jeudi 19 janvier 2017

Anniversaire de la mort du Roi

Lorqu'on demande aux Français quel est le dernier roi de France, la réponse est toujours Louis XVI. Sans doute est-ce la tragédie de son destin qui a marqué les esprits populaires, et peut-être un retour d'affection pour un roi que personne n'a jamais imaginé en tyran. C'est le moment de répéter la déclaration d'Emmanuel Macron qui résume bien un sentiment diffus dans l'Opinion française quand elle s'arrache à l'abrutissement réglementaire :

« La démocratie comporte toujours une forme d’incomplétude car elle ne se suffit pas à elle-même. Mais le président dans le cadre de la 5e République ne fait-il pas office de monarque républicain remplaçant la figure paternaliste du roi ? Dans la politique française, cet absent est la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort. La Terreur a creusé un vide émotionnel, imaginaire, collectif : le roi n'est plus là ! On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, d'y placer d'autres figures : ce sont les moments napoléonien et gaulliste, notamment. Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace. On le voit bien avec l'interrogation permanente sur la figure présidentielle, qui vaut depuis le départ du général de Gaulle. Après lui, la normalisation de la figure présidentielle a réinstallé un siège vide au cœur de la vie politique. Pourtant, ce qu'on attend du président de la République, c'est qu'il occupe cette fonction. Tout s'est construit sur ce malentendu.»

Bruno Roger-Petit que l'on ne savait pas porté sur les choses de Cour nous confie qu'après sa déclaration de candidature, de retour vers Paris, Emmanuel Macron a fait une halte là où les pierres parlent. Loin des caméras et des micros, le néo-candidat à l’élection présidentielle s’est arrêté en la Basilique de Saint-Denis, tombeau des Rois de France. Seul en son destin face aux Transis. Qu’est-il venu chercher là, dans ce grand silence de marbre où dort l’âme de la France ? Conviction. Onction. Transmission. Inscription. Tout cela à la fois sans doute. Les voies qui mènent aux Forces de l’esprit sont impénétrables. Le geste de Macron rappelle qu’il est deux catégories de candidat à l’élection présidentielle: ceux qui hantent les lieux de mémoire, en quête d’encens, et ceux qui occupent les plateaux de télévision, en perte de sens.

Plus qu'un frémissement...


Le Mémorial de France à Saint-Denys propose
le samedi 21 janvier 2017, à midi
une messe de Requiem
dite en la Basilique en mémoire de Louis XVI
au jour anniversaire de sa décapitation
en exécution de l'ordonnance perpétuelle de Louis XVIII

Saint-Denis est à Paris le choix officiel convenable au-dessus de la nécropole des rois. La Chapelle expiatoire est bien trop exiguë pour offrir le recueillement indispensable à une assistance forcément nombreuse, sinon l'église de Saint-Germain l'Auxerrois dit la messe du Cercle de l'Œillet Blanc en présence du comte de Paris.
[messes en province partout, voir le site dédié en cliquant ici]

Messe AF à St Germain l'Auxerrois


Pour approfondir le billet récurrent du 21 janvier nous offrons à notre distingué lectorat l'oraison funèbre que l'abbé Beauvais prononça à Saint-Nicolas du Chardonnet il y a huit ans et qui m'avait alors saisi :

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, ainsi soit-il.

Mes bien chers Frères,

Pourquoi célébrer une messe plus de deux cents ans après la mort du Roi Louis XVI ? Parce que tout vrai Français et tout vrai chrétien comprend qu’une réparation doit être offerte à Dieu pour l’outrage qui lui a été fait en ce jour, et qu’une prière doit Lui être présentée pour qu’Il lui plaise enfin de retirer la France du gouffre où elle s’est jetée en commettant ce régicide. C’est donc un acte expiatoire, en réparation, une prière pour le roi mais aussi pour le salut de la France.

« On voudrait effacer cette page de l’histoire, chasser cette date du souvenir des hommes, faire rentrer dans le néant cette procédure. Mais non ! Le fait est irréparable. Longtemps, chez les autres peuples, la France sera la nation régicide et impie, et jusqu’à l’achèvement de sa destinée, elle portera au front la tache du sang versé sur la place de la Révolution ».

Voilà pourquoi, deux cent seize ans après, le souvenir du roi guillotiné ne s’est pas effacé de la mémoire de certains Français.

On a souvent trouvé sous la plume d’historiens et d’écrivains passionnés un plaisir quelquefois même méchant à exagérer la faiblesse de Louis XVI dans son gouvernement. A quoi nous servirait-il ce soir de parler d’un roi faible ou d’un roi sans caractère, toutes choses qui restent à prouver. Le Pape Pie VI a fait remarquer à ce sujet qu’on a confondu sa mansuétude avec la faiblesse sans savoir que la mansuétude est l’état d’une âme pleine de fermeté que rien ne peut abattre et qui en face des troubles, des insurrections, des fureurs populaires fait dire à Louis XVI cette parole qui l’honore à un si haut degré : «L’homme qui a la conscience pure ne tremble pas ». Livré à la souffrance d’ailleurs, bien loin de témoigner de la faiblesse, il déploya au Temple et à l’échafaud la force, le courage et la grandeur d’âme qui mérita l’adieu du prêtre : « Fils de saint Louis, montez au ciel ».

Qu’importe donc le jugement humain porté sur Louis XVI. Mauvais ou grand roi, bonté et faiblesse du roi ? Ce qui compte c’est l’âme de ce prince profondément désireux de donner le bonheur à son peuple, mais qui rougissait à l’idée d’avoir à le commander et plus encore à le rudoyer parce que son éducation rousseauiste lui avait appris que l’homme était bon par nature. A ses dépens, il fera l’expérience cruelle du contraire. Qui ne pardonnerait à Louis XVI, paralysé dans son action par un choc jusque là inconnu, celui de la monarchie et de la subversion moderne ?

Comme l’écrivit Jean de Viguerie :
« On a beaucoup parlé d’un roi faible, irrésolu, mais on oublie qu’un certain sens de la responsabilité, et un certain souci de la justice étaient son apanage. Que Louis XVI ait semblé parfois lent à se décider ne signifie pourtant pas que le roi fut un homme indécis ou irrésolu. Combien de choix a-t-il fait qui ne furent jamais décidés à la légère. Une partie du public était d’ailleurs moins préoccupée par la faiblesse que par la réputation de dureté du jeune roi.
Sans être un homme autoritaire, le roi avait conscience de sa dignité de souverain parce qu’il se faisait une très haute idée de sa dynastie et de la place du monarque qu’il regardait comme celle d’un intercesseur entre les hommes et le divin ».

Daudet écrivit dans Les lys sanglants :
« Il était loin d’être le « gros Louis » que disaient les révolutionnaires. Il concevait raisonnablement, mais il y avait en lui un goût du ralenti qu’il essayait en vain de surmonter. Enfin il ne voulait pas croire à l’infamie de la nature humaine, quand une mauvaise politique et l’irréligion ont lâché la bride à ses pires instincts ».

Quel étonnant mélange que Louis XVI ! On isole trop systématiquement 1793 de 1789. Or, cet inexpiable forfait de 93, remonte à la guerre faite par ces philosophes des ténèbres un siècle durant, à tout ce qui fut religion et morale. Voir dans le mouvement de 89 une simple insurrection de l’opinion publique contre des abus intolérables n’est franchement pas honnête, ni sérieux. Ce n’était pas à certains excès - toujours possibles quant il s’agit des hommes - mais à l’autorité dans ce qu’elle avait de plus inviolable et de plus sacré que les fauteurs du mouvement de 89 voulaient porter le coup mortel. C’était bien à l’assaut du trône et de l’autel, que sur l’ordre des société secrètes marchaient les principaux coryphées des idées nouvelles.

Après la vente des biens du clergé, le pape Pie VI ne put garder le silence :
« L’autorité royale, dira-t-il, a été enlevée au roi très chrétien pour le mettre sous la dépendance de l’Assemblée et l’obliger à sanctionner tous ses décrets. La nation presque entière est séduite par l’apparence d’une vaine liberté, au lieu de reconnaître que le salut de l’Etat repose principalement sur l’autorité de Jésus-Christ, et que l’on n’est heureux selon l’expression de saint Augustin, que quand d’un plein consentement, on obéit aux rois : car ils sont les ministres de Dieu pour le bien, les enfants et les défenseurs de l’Eglise qu’ils doivent aimer comme leur mère, et défendre contre ceux qui l’attaquent ».

Coup bas contre l’autorité qui fit dire à Balzac :
« Le jour où la France trancha la tête à son roi, elle la trancha du même coup à tous les pères de famille ».

Louis XVI sera ainsi le premier souverain à avoir affronté le cataclysme révolutionnaire, sans avoir pu bien comprendre que le désordre était dans les esprits et qu’il ne suffisait pas d’être un roi bon, pour être un bon roi. Ce fut la première rencontre entre l’ordre et la subversion. Comme l’écrivit Maurras : « la psychologie de l’autorité, ses bases les plus générales et les plus profondes se trouvaient rongées, minées, réduites en poussière dans toutes les têtes et dans tous les cœurs de ces singulières générations (celles de la fin du XVIIIe siècle).

Le crime du 21 janvier était en germe dans la séparation de la tête et du corps de la nation. Ne l’oublions pas, la Révolution est d’abord une guerre de religion, la guerre de l’athéisme matérialiste contre l’Eglise romaine à laquelle présida et préluda l’Encyclopédie de Voltaire avec son « Ecrasons l’infâme » de Diderot qui dira « Avec les derniers boyaux des prêtres, nous serrerons le cou du dernier des rois » jointe au naturisme de Jean-Jacques Rousseau, aux débuts de la maçonnerie mondaine et des sociétés de pensée où se croisent et se mêlent toutes les formes de l’antichristianisme et de l’irréligion dans son ensemble. Clubs philosophiques et politiques qui l’emporteront au sein des assemblées et accélèreront le passage de la discussion à l’action, du principe de la souveraineté populaire à la tyrannie des masses et aux horreurs des massacres et de la guillotine.

Pour s’attaquer efficacement à la religion, les révolutionnaires comprirent d’instinct qu’ils devaient s’attaquer aux personnes du roi et de la reine. On ne peut rien contre les idées si on ne s’en prend d’abord aux personnes qui les représentent. De plus le roi s’identifiait avec la patrie, la famille royale avec la famille française ; c’était donc cette patrie, c’était cette famille qu’il fallait égorger, selon le mot célèbre de Danton prononcé au procès de Louis XVI: « Nous ne voulons pas juger le roi, nous voulons le tuer ». A ce procès du roi se donnèrent rendez-vous toutes les calomnies, tous les faux témoignages, tous les mensonges d’une époque barbare et souillée pour terminer en cette exécution monstrueuse de Louis XVI opérée sans aucune espèce de raison, servant seulement de pierre de touche pour la sincérité de la foi républicaine, devenue le nouveau dogme.

La décatholicisation de la France, présentée par Mirabeau comme une condition nécessaire au triomphe des idées nouvelles passait par le régicide. Le trône de Louis XVI dont on avait sapé les bases ne devait plus s’appuyer sur l’autel.

Il n’y a donc aucun doute, la révolution qui fit tomber la tête de Louis XVI a voulu abattre le principe de l’autorité divine. Et c’est bien dans l’esprit de Robespierre qui disait: « Tant qu’il y aura des rois par la grâce de Dieu, la révolution ne sera pas en sûreté ». On voit là que l’essence même de la révolution commencée en 1789 est l’esprit de révolte : il s’agissait de donner à chaque individu une âme d’insurgé, en lutte contre toutes les lois naturelles et divine. Louis XVI a été guillotiné parce qu’il était roi, et roi très chrétien. Les deux ne font qu’un car la Révolution est d’un même mouvement : la haine de Dieu et la haine de l’ordre naturel établi par Dieu dans sa création et révélé aux hommes.

Pour la Révolution, Louis XVI devait mourir parce que sa seule présence, même après avoir été savamment mis hors d’état de gouverner, était un obstacle aux prétentions philosophiques.

Comme l’écrira Léon Daudet: « Ce qu'il reste de cette révolution de 1789, tant célébrée, tant vantée, en prose et en vers, c’est un charnier, c’est un spectacle d’épouvante et de bêtise dont l’humanité offre peu d’exemples ».

Qu’est-ce que le 21 janvier 1793, sinon « le fait de brutes enivrées d’une idéologie libertaire, égalitaire et suicidaire qui prétendaient couper à jamais la France de Dieu lui-même, pour recommencer l’histoire avec les seules forces de la raison humaine ».

« Le mauvais destin servi par la méchanceté humaine, j’ai nommé l’esprit révolutionnaire, va s’acharner sans merci ».

Louis XVI, "Roi martyr », tel est le nom qu’il a gardé comme victime de la Révolution antichrétienne, et tel est le nom que l’histoire lui rendant justice, lui a décerné. Et Louis XVI avait pour ainsi dire consacré d’avance cette appellation de Roi martyr en disant :
« Je suis prêt à m’immoler pour mon peuple. Puisse le sacrifice de ma vie faire le bonheur de la France ».

C’est par les saints et les martyrs que furent appelés alors à donner au monde le témoignage de Notre Seigneur Jésus-Christ que l’on juge la Révolution. C’est à la lumière de leur mort que l’on juge les principes de 1789.

« La religion devait compter cet infortuné monarque au nombre de ses martyrs ». Ainsi s’exprimait le pape Pie VI, ce qui fit dire au cardinal Maury : « Le pape a conçu une idée aussi grande que juste, lorsqu’il a fait entrevoir dans son discours au Consistoire que Louis XVI méritait et qu’il obtiendrait un jour les honneurs de la canonisation. C’est la plus belle réparation que la religion puisse faire à la royauté au moment où les scélérats se sont ligués pour l’avilir, que de transformer ainsi en autel, l’échafaud de Louis XVI ».

En lisant les actes du martyre de Louis XVI, on comprend que la vertu peut faire descendre le ciel sur la terre. On comprend aussi que la perversité humaine peut y faire monter l’enfer, lorsqu’on lit les crimes, les fureurs, les joies hideuses de ses meurtriers.

Nous prions ce soir pour le repos de son âme, certes, sans oublier ce que le pape Pie VI exprima en terminant son éloge funèbre de Louis XVI:
« Nous avons la confiance qu’il a heureusement échangé une couronne royale et des lys qui se seraient bientôt flétris contre cet autre diadème impérissable que les anges ont tissé de lys immortels ».

« Ils me feront mourir, déclara Louis XVI à son avocat, Monsieur de Malesherbes, mais qu’importe ! Ce sera gagner une cause que de laisser une mémoire intacte et sans tache ».

Louis XVI n’a sauvé ni sa vie, ni son royaume, mais il a sauvé l’honneur de Dieu, l’honneur de la France et son honneur. Il a ajouté à la couronne des rois tous les fleurons les plus glorieux, les plus rares, ceux de la sainteté et du martyre, son échafaud est sa plus grande gloire. Que Louis XVI demeure pour la postérité celui que Léon Daudet appelait « le lys sanglant ineffable offert en holocauste aux furies infernales ».

Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.

Ainsi soit-il !




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lundi 16 janvier 2017

L'ivresse du RHUM


vignette thomas paine
L'allocation universelle du berceau à la tombe commencera dans la tombe. Pourquoi ? La vieille idée géniale des utopistes du XVIIIè siècle ne marchera pas en France. Pour une seule raison s'il faut n'en garder qu'une : les pouvoirs publics chercheront à améliorer le concept. Or ce concept ne peut fonctionner que dans sa radicalité élémentaire. Tout ou rien, mon cher Watson ! Le conditionner crée des seuils et sauve beaucoup de bureaucrates pour leur contrôle, qui seraient mieux employés à creuser des canaux ou à mettre en valeur les Kerguelen.

Comment ça marche® ?

Chaque habitant recevra du jour de sa venue au monde jusqu'à celui de son incinération dans le système de chauffage urbain (rien ne se perdra) une allocation mensuelle fixe sans condition aucune. Cette générosité nationale remplacera toutes les allocations sociales existantes. Sa généralisation débandera tous les services allocataires existants sauf un que nous appellerons le DRHUM (Département du revenu hexagonal universel minimum).

On voit très bien que sont expulsées du paysage social les allocations familiales de départ, comme le minimum vieillesse à l'arrivée. Si le concept est proche du filet d'assistance juste nécessaire, il ne doit pas être suffisant pour dispenser de gagner des sous afin d'améliorer son sort et d'acheter sa Tesla intérieur semi-cuir. Il doit être couplé à une grille de dispensaires gratuits pour équilibrer les risques sanitaires élémentaires. Ce RHUM ne sera ni imposable ni cotisable seul. Il entrera par contre dans l'assiette fiscale des impôts pour la fraction de revenus excédentaires et sera indirectement soumis à la TVA par la simple consommation de biens et services taxables. Tous revenus excédant le RHUM seront donc imposables et cotisables au premier franc (RHUM compris). Le prix des tentations de la société de consommation ne baissant pas, l'oisiveté sera de mauvais conseil pour qui veut vivre tout simplement, épater la voisine ou se regarder dans la glace chaque matin en se rasant.

Comment sera calculé le RHUM ?

Au ras du minimum de survie de l'individu. Le RSA de base est une bonne indication en y ajoutant l'allocation logement moyenne, soit 535,17€ plus 225€ soit au total : 760 euros/mois. Avec une population estimée à 66.600.000 habitants, les services du RHUM devraient donc servir 607 milliards d'euros chaque année. Sachant que le total des crédits de paiement du budget général de l'Etat français (hors sécurité sociale) sont de 608.384.000.000 euros pour 2016 (dixit Bercy page 5 du pdf), ceci nous oblige à faire l'économie totale de l'Etat ! En voilà une nouvelle qu'elle est bonne.

En résumé et logiquement, toute mise en place du RHUM devra s'accompagner de l'extinction progressive des services au public sur fonds publics de valeur correspondante, à commencer par les services sociaux, les instituts, commissariats, observatoires et autres ligues. Et on dégraissera jusqu'à l'os, l'os étant le domaine régalien stricto sensu. De l'air, que d'air ! Puis les communautés citoyennes s'organiseront, de la commune à la province, l'essentiel étant mis hors de portée des envieux et des habiles par la sacralisation rémoise...

C'est-pas-tout. Ceux qui veulent en parler sérieusement dans les dîners en ville commenceront par étudier la page Wikilibéral dédiée en cliquant [ici] pour armer leur démonstration. Normalement chaque dîner devrait se terminer par des claques. Santé !


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vendredi 13 janvier 2017

Une presse condamnée à la vérification


Quand on pense que des géostratèges pondent des thèses de six cents pages sur l'équilibre impossible du monde et que le blogue du Piéton les ignorent pour écouter Fanny Ardant, on se dit que l'espace-temps s'est considérablement compacté. C'était donc sur Arte-28 minutes - émission intéressante d'Elisabeth Quin quand M. Askolovitch n'y vient pas promener sa judéité affligée - que fut invitée la cinéaste Fanny Ardant pour son film Le Divan de Staline. On ne connaissait pas son coup de revers à la raquette en fonte mais ces messieurs du penser-bien ont empli leur musette, jeu, set et match, en moins de temps qu'il n'en fallut pour envoyer les balles. Que du bonheur et c'est ici (cliquer sur l'image):


Le fond de son argumentaire est l'ancillarité de la presse qu'elle traite de "laquais", avec leur goût de l'alarme ad hitlerum et leurs champions bien propres sous les cheveux. Elle plaide pour des contre-pouvoirs à l'hégémonie. Sans le dire mais elle le sait, elle défend la multipolarité de la puissance. On ne peut qu'applaudir puisque l'impérium non contré n'a bénéficié aux hommes qu'un fois sur terre, une seule, à l'époque de l'Empire romain qui mit en musique la supériorité grecque sur Mare Nostrum. Tout le reste de l'histoire est un long hurlement de terreur dans des guerres de conquête ! Puis la bombe atomique vint ! L'espèce humaine théorisa enfin la menace de la foudre jupitérienne qu'elle inventa pendant les RTT de Vulcain. Chacun désormais se regarde, laissant ci et là quelques attardés s'entretuer, et les boutiques ouvrent chaque matin à 8h30, dimanche compris bientôt !

Cette menace de désintégration du noyau, comme disent les assureurs de la trouille, n'a pas prévenu le grand désordre des esprits libérés qui renaissent quand la gangue officielle commence à se fendiller. Ainsi a-t-on des révélations parmi les vedettes à plateaux qui sans sortir leurs tripes, parlent d'eux-mêmes et non plus selon le programme. Inimaginable, il y a seulement un an. L'effet Trump ? Citons Yves Calvi qui accuse réception en direct de l'enfumage des agences dans l'affaire d'Alep, Bruno Roger-Petit qui distingue le Maréchal auquel François Mitterrand prêta serment de la Collaboration à laquelle il ne participa pas, de Pascal Praud qui sur iTélé laisse percer le bon sens tout court à contre-courant, de Sonia Mabrouk qui se lâche en beauté... Et toutes les chèvres retraitées de la vieille presse parisienne, les Levaï, Elkabbash, Okhrent, Sinclair, Labro et autres fabricants de "valeurs" de nous prévenir que "la parole se libère". Ah bon !

A peine la puissance stratégique se redistribue-t-elle entre les continents que le consensus du quatrième pouvoir monolithique se brise. C'est là que ça devient intéressant. Ne cherchons pas qui lance les dés, il n'y a pas beaucoup d'acteurs libres de leurs décisions sur la planète. Zéro même si on inventoriait les contraintes internationales. Mais on distingue des intérêts affirmés et non convergents entre les Etats-Unis d'Amérique, la Chine et la Russie. Le reste joue en division II, III et Nationale. La presse va devoir tout de suite se spécialiser dans l'étude approfondie des trois grands précités pour ne pas se louper devant les réseaux sociaux, et ne plus se satisfaire de petites phrases ou d'informations bidonnées par les communicants ayant leur rond de serviette chez le marquis. Vu le niveau général des stagiaires, il va y avoir des morts dans le journalisme.

Tout ceci pour dire que l'apparition du dictateur Poutine et de l'imprécateur Trump au balcon du monde change du tout au tout les méthodes d'information depuis qu'est déclarée la guerre hybride. Hybride ou triple comme on veut : la guerre ouverte ; la cyberguerre ; la guerre de désinformation. Le prêt-à-penser est cuit ! On est entré dans l'ère de l'infusion, du goutte à goutte. Il faut maintenant que ces messieurs de l'intelligence quotidienne décortiquent l'information servie par les canaux de communication pour en extraire une vérité. De puissants moyens numériques l'altèrent ou la fabriquent, et ne survivront dans la presse de demain que les analystes. Fini les atlas géopolitiques, les instituts de pensée formatés, les sondeurs payés au pourcentage ! Comme on le disait au cabinet de Versailles dans les salons de Vergennes :La plus grande erreur dans le maniement des affaires extérieures est de partir inflexiblement de certaines idées fixes qui ont fait leur temps. A chaque époque appartiennent ses difficultés, les caractères, les incidents qui lui sont propres. Tout vient de changer. Réactivité donc ! Instantanéité du doute, gros doute ! Bienvenue aux Anonymous, aux hackers, au mecs qui en ont entre les oreilles, aux geeks acharnés. Les autres feront Le Jeu des Mille Francs à l'Alcazar de Rodez. Terminé les miquets brevetés de l'école de journalisme, on peut fermer ces structures de propagande qui ressemblent de plus en plus à ce que fut l'Ecole des Cadres du parti communiste ! Tout se fait au garage maintenant, comme le rock ! Les madrasas gauchistes vont se vider. Et qu'en est-il des madrasas royalistes ?

Pour répondre présent dans le domaine de l'information criblée, le mouvement royaliste peut balayer devant sa porte avant que d'autres ne le fassent à ses dépens (Acrimed, Mediapart, Le Canard Enchaîné...) et s'entraîner tout de suite à purger ce qu'il diffuse. Voulez-vous des exemples ? Cherchez et vous trouverez. Tout se vérifie, tout se sait.

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dimanche 8 janvier 2017

Vœux du Piéton pour 2017



Avec les rois-mages arrivent les vœux de Royal-Artillerie. L'année qui s'est achevée n'a rien signifié pour la cause monarchiste en France, eu égard à l'ampleur de la crise civilisationnelle que traverse l'Europe et la France surtout qui est en son milieu. Nos princes, toujours aussi réticents à se compromettre dans des actions médiatiques soutenues qui compenseraient l'impossibilité à lever une armée, se cantonnent au service minimum de déclarations morales qui permettent juste de mettre quelques bûches dans l'âtre de leurs fidèles en attendant la suite dont ils seront exclus.

Or la suite peut être terrible si le pays n'est pas réformé en profondeur et rapidement avant que n'éclatent des troubles communautaires et les désordres de la banqueroute. Si c'est d'un changement de paradigme qu'il s'agit, ce serait l'énième occasion de placer le roi en situation. La République en a connu d'autres qui se sont tous soldés par l'échec de la revendication monarchiste, même si le putsch de 1958 prit des couleurs approchantes quand le pouvoir fut remis au général De Gaulle. Les royalistes aujourd'hui ne sont pas prêts pour conquérir l'espace créé par les troubles et répondre immédiatement à la revendication populaire d'un dictateur à la romaine qui cessera la chienlit générale.

Que donc nos princes - et ce sera le vœu du Piéton du roi pour 2017 - poussent les études de leurs enfants, leur donnent l'aisance future d'un vrai métier, les éduquent au quotidien dans l'inventaire de leurs responsabilités historiques et les dévient des tentations mondaines qui pourraient en faire de petites marquises et marquis poudrés sans cervelle. Cela nous rendrait peut-être service dans l'avenir car votre tour à vous, Messeigneurs de la rente dynastique, est passé.

Hors de cause, Royal-Artillerie-Blog adresse ses vœux les plus sincères aux troupes françaises en opérations extérieures, à leurs cadres de terrain, à leurs chefs de corps. Que l'année 2017 voie le commencement du renouvellement des matériels et dotations techniques afin que l'expertise accumulée par nos hommes dans des engagements rapprochés puisse s'exprimer pleinement dans la sécurité de tous. Salut spécial aux Marsouins.


Bonne et heureuse année à mes lecteurs fidèles !


Vive le roi quand même !

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