lundi 27 mars 2017

Une autre Europe demain


Billets de soutien RA libellés "Jean Lassalle" à cliquer:
- Un berger à l'Elysée du 15/03/2017
- Jean Lassale, note liminaire du 19/03/2017
- But de la manœuvre du 22/03/2017
- Libertés basses du 24/03/2017


Voici la deuxième contribution programmatique à la campagne de Jean Lassalle, elle porte sur l'Union européenne, qui a fêté le soixantième anniversaire du Traité de Rome hier. L'avatar actuel de l'empire carolingien ne serait pas reconnu par les pères-fondateurs du Marché commun et c'est peu dire. Le constat de carence que fait le candidat sur son site est partagé à cent pour cent par le Piéton du roi. Nous n'allons pas abonder au tonneau et délayer les arguments, c'est inutile puisque déjà fait, mais ouvrir l'angle étroit d'un futur possible. Voici ce qu'en dit Jean Lassalle :

« l’Union Européenne a échoué à affronter la mondialisation. Elle a accepté la dictature financière. Les institutions européennes se sont limitées à gérer des budgets et à écrire des normes. Nous payons aujourd’hui trente années d’Europe sans projet politique, sans démocratie. Nous n’avons ni une Europe solide, ni des États solides, alors que le général de Gaulle espérait les deux à la fois : une « Europe des nations », une Europe d’États démocratiques et responsables.
C’est dans cette direction que nous devons réfléchir ensemble, sans tabous, pendant cette campagne et dans les années qui viennent. La nouvelle génération, qui va et vient à travers l’Europe plus facilement que je ne me déplaçais hier moi-même à travers la France, n’a pas voulu jusqu’ici se préoccuper de gouverner. Mais tôt ou tard, elle prendra ses responsabilités et imaginera une construction européenne adaptée au monde d’aujourd’hui.
Aujourd’hui, c’est à nous, la France, de nous relever. Elle a besoin de retrouver des marges d’action politiques et financières. À nous de dire ce que nous sommes, ce que nous voulons, dans la discussion avec nos voisins. » (in Retrouvons nos marges de manœuvre en Europe)


Il n'est jamais trop tôt pour réfléchir à l'Europe de demain matin parce que le reste du monde ne nous attend pas, ou ne nous attend plus ; sauf quelques pays ou communautés en déshérence qui nous implorent de continuer les virements. Si nous devons redevenir forts, c'est pour continuer à peser sur le destin de la planète à notre propre bénéfice, des fois qu'on aurait enfin compris que personne d'autre ne le ferait à notre place, et aujourd'hui plus que jamais avec le retour de l'isolationnisme américain. Mais aussi pour protéger d'autres peuples du monde avec qui nous avons des affinités civilisationnelles acquises par l'histoire, je pense à l'Afrique et à tout le Bassin méditerranéen, en fait à l'empreinte impériale romaine.

Ce machin qu'est devenue l'Union européenne ressemble plus à une outre à vents bureaucratiques qui pète des normes et des tarifs douaniers. La première à venir demain est, paraît-il, la standardisation de la composition du Nutella de Laponie jusqu'à Lampedusa. Planquez les cartouches des fois qu'on se suicide de rire ! Mais à l'essentiel elle n'est pas tenue, au prétexte de l'immobilisme des Etats membres quand ce n'est pas sous la contre-pression des lobbies industriels. Le champ d'intervention de la Commission européenne (ou de l'organisme successeur fortement dégraissé) devra être redéfini très clairement (2 pages A4) et nous éviter dans le futur les calculs de robinets, bondes et autres débits labellisées des chasses de waters. Au titre du marché unique a fleuri la normalisation des produits circulés d'un bout à l'autre de l'Union jusqu'aux fins fonds de la bêtise humaine que l'on sait insondable. Que ce marché unique devienne simplement libre et que tout y circule en franchise de droits serait bien suffisant. Que chaque pays produise sous ses normes et ses grades de qualité et que le consommateur approuve par son achat ce qui est bon pour lui à tel moment, à tel endroit. Les producteurs s'adapteront vite sous le regard exercé des ligues de consommateurs. Horizontalité, nom de dieu ! Reste le reste, et tout le reste et au-delà, ces coopérations européennes qui ne sont pas dans les couloirs de la Commission : l'UEFA mais aussi Eurotunnel, Arianespace, l'ESA, Airbus, Horizon (frégates franco-italiennes), Eurofighter, missiles franco-anglais (Scalp, Aster,Meteor) et l'Association européenne contre les leucodystrophies dont les succès respectifs puisent leur énergie dans la compétence d'intelligences spécialisées mais qui font de l'ombre à la technocratie bruxelloise. Elle cherche continûment à s'impliquer, comme à l'occasion de regroupements industriels qu'elle interdit ou entrave, au titre de la fameuse concurrence libre et non faussée qui protège chaque fois nos concurrents non européens d'une éventuelle surpuissance européenne !!! Et puis il y a la PAC.

Jean Lassalle est un candidat paysan, se définissant comme un berger. Qu'il ne s'offusque pas du terme "paysan" qui enracine son détenteur dans un pays précis. Il y avait d'ailleurs dans ma jeunesse un fort parti rural très respecté qui s'appelait "Indépendants et Paysans". Ceci pour dire que l'Europe a impacté directement son territoire à travers la politique agricole commune. On va parler de ça. Il est très facile de s'en prendre aux institutions bruxelloises dans ce domaine et d'oublier un peu vite que toutes leurs décisions ont été annoncées avec un délai préparatoire de dix ans. Mais les grands nigauds du ministère et de la FNSEA repoussaient à demain (on dit depuis Hollande : procrastiner) les ajustements exigés, attendant in fine de mettre en route le chantage aux crédits européens pour apaiser la crise insoutenable qu'ils ont laissé monter. C'est pourquoi au milieu de la carte européenne la France est aujourd'hui le couillon de la farce, tous les autres ou presque ayant viré de bord depuis longtemps avant les récifs. Ce n'est pas ici que l'on va entrer dans la réforme de la PAC, la bande passante n'y suffirait pas.
Mais on peut relever une évidence interdite : l'agriculture est une activité capitalistique, en ce qu'elle convoque énormément d'argent préalable. Depuis la Révolution française et le partage des biens nationaux fut promu le modèle de l'exploitation familiale de subsistance, pour revenir un siècle plus tard à des latifundia capables d'absorber la mécanisation des tâches. Ces dernières croissent autant que les premières meurent. Entre les deux la mutation se fait dans le tragique. On ne parle que d'argent dans ce secteur, celui que l'on doit et celui qu'on n'a pas. Le Crédit agricole ne remplacera pas la propriété pleine et entière du bien-fonds et le cash-flow privé pour faire tourner l'exploitation. Les incitations des conseillers agricoles et du génie rural sont une mauvaise assimilation de techniques gestionnaires de l'industrie, négoce et finances. En cas de malheur dans ces secteurs, on saute en marche et on change de boîte. Pas dans l'agriculture ! (on peut relire le billet Royal-Artillerie ad hoc en cliquant ici)
On doit quand même reconnaître à la PAC d'avoir promu l'agriculture de négoce international par le monde entier et d'avoir protégé l'Europe d'importations de produits de mauvaise qualité à bas prix par le crible des normes sanitaires.


L'Union européenne a d'autres missions utiles si on applique bien le principe de subsidiarité. Faire à plusieurs ce que l'on fait moins bien seul. Contre-exemple : le traité de Lisbonne a créé une diplomatie européenne. Elle ne pourra jamais remplacer les vieilles diplomaties toujours actives de Grande Bretagne, France, Allemagne et Suède par exemple. Au bout du conflit ce sont bien la France et la Grande Bretagne qui siègent au conseil de guerre qu'est devenu aujourd'hui le Conseil de Sécurité de l'ONU, pas l'Europe. Et justement au plan de la Défense, le traité de Lisbonne a aussi ouvert la voie vers une défense communautaire, à la réserve près que personne n'en veut quand la question lui tombe dessus. Aucun pays de l'Est ne troquera une défense européenne franco-allemande contre la défense atlantique actuelle, quelle que soit l'augmentation des contributions demandées ! La Grande Bretagne non plus, le Danemark non plus, l'Espagne et l'Italie et les autres on ne sait. Donc nos politiques insultés par Donald Trump perdent du temps à agiter un fantôme alors que nous disposons d'un outil de guerre ouverte qui fonctionne bien et qui sème la terreur quand on l'évoque à l'étranger, ce qui est le but recherché dans des activités de Défense ; c'est l'OTAN.

L'Union européenne est irremplaçable dans le domaine douanier : la force tient à ce que les attaques étrangères ne peuvent pas cibler un pays en particulier puisqu'il s'agit de droit communautaire intégral et donc, c'est toute la géographie douanière qui est touchée par une attaque et l'ensemble réagit. Il suffirait juste qu'un office central des échanges internationaux de biens et denrées ait le pouvoir de bouger les droits douaniers comme aux Etats-Unis quand des pays tiers se moquent ouvertement de nous par du dumping étatique. Un autre domaine communautaire est la sûreté publique : nul n'est une île au temps du terrorisme et, laissés chacun à nous-mêmes, nous voyons le danger trop tard. Inutile d'épiloguer. On pourrait en dire autant des secteurs stratégiques comme l'énergie pour éviter les négociations abusives et le chantage des fournisseurs (de gaz).

Un domaine communautarisé d'évidence est la pêche, tant pour gérer la ressource continentale que pour négocier avec plus de poids les droits de pêche hauturière (et bientôt britanniques). Un autre domaine où la communautarisation serait utile est l'administration du marché des médicaments, domaine où certaines agences nationales sont impuissantes ou corrompues. L'Agence européenne du médicament existe mais au-dessus des agences nationales (dans une fonction fédérative et de production de rapports) alors qu'il faudrait éradiquer toutes celles-là. On ne devrait pas non plus faire l'économie de normes sanitaires communautaires pour des consommations de base telles que l'eau. C'est la Commission qui a imposé à la France de distribuer de l'eau de consommation humaine propre (on l'oublie); sans quoi les services français multipliaient à l'infini excuses et promesses pour ne pas heurter les régies locales. Communautariser le droit des sociétés, le code de commerce et leur plan comptable ne serait pas idiot, du moins en Europe occidentale. On peut aussi réfléchir (on y vient) à des corps de garde-frontières et de garde-côtes communautaires pour renforcer la vigilance et décharger les budgets nationaux de certains pays en difficultés qui ne peuvent remplir la mission dans la fenêtre géographique qui leur incombe. Tenir les frontières nationales intra-européennes est un leurre, facilement démontré par toutes les contrebandes de l'époque bénie des postes de douane. Quant aux domaines qui devraient être radiés des responsabilités communautaires, il sont très nombreux, chacun en connaît. Pour n'en citer qu'un avec humour : la gestion de la bio-diversité par compensation du bétonnage en zones humides ! Nos lecteurs anglophones peuvent rigoler au bétonnage de Regent's Park à Londres dans cette vidéo parodique (clic).

Beaucoup de coopérations économiques, culturelles peuvent être montées en réseaux inter-étatiques sans en appeler à la bureaucratie de Bruxelles. Et cela évite aussi d'y intégrer des pays peu intéressés mais qui veulent avoir leur mot sur tout. Par exemple, mutualiser l'exploitation des grands ports du range atlantique nord-est n'intéresserait que quatre pays. Les Français y apprendraient beaucoup, eux qui ont été capables de creuser au Havre une grande darse dans le lit du fleuve (Port 2000) sans aucun accès à la batellerie d'éclatement des cargaisons (nous avons aussi nos propres technocrates à tuer). Ainsi en va-t-il de la protection des mers qui baignent les côtes de l'union. Lignes de ferroutage trans-nationales, trains-blocs etc... pour rester dans la logistique... à l'exemple de la nouvelle ligne ferroviaire chinoise de la Soie qui va faire du Pékin-Londres en 18 jours (clac). Bref ! S'il faut ouvrir l'angle au village mondial, rien n'oblige à l'encombrer de paperassiers. On pourrait parler aussi banque centrale et monnaie(s), mais c'est un sujet complet à lui-seul.

L'Europe des nations gaullienne que promeuvent plusieurs candidats induit automatiquement un régime de confédération. Il suffirait d'en écrire les contours, les inclusions et exclusions pour que ce cadre soit accepté par les pays. Jusqu'ici rien ne fut explicitement exclu du champs d'application des institutions européennes, à part la bombe atomique ; ce qui a nourri la voracité de toute structure de gouvernement établie sans limites, avec la complicité objective des politiques eux-mêmes quand ils siègent à Bruxelles. La confédération est un grand et beau projet.

La zone européenne dispose de tous les atouts pour réussir une confédération. Elle a les infrastructures physiques et financières, une économie puissante, une jeunesse intelligente qui ne demande qu'à s'investir sans être volée au coin du bois par la gérontocratie (problème de la Dette), une situation unique au monde sur le globe terrestre, une culture, une histoire, n'en jetez plus ! Alors quoi ! On le fait ? Y aller par cercles concentriques est le plus sûr moyen d'y atteindre.

Prochain billet : les énergies renouvelables

share


Postscriptum
Malgré les sondages qui le créditent d'1% des voix, le député béarnais assure créer un «véritable tourbillon» partout où il va. Sur le plateau de LCI, Jean Lassalle veut croire en l'impossible dans cette campagne où «tout ce qui apparaissait totalement improbable s'est réalisé». Il dénonce la «nomenklatura» en tête des sondages: « Il faut que les Français comprennent que je suis en face de trois ou quatre (candidats) principaux qui ont été choisis parce qu'ils sont bien appliqués, qu'ils suivent bien les consignes. Ils ont été choisis par les sondages.» Lui, assure s'en moquer et balaie le score de 1% qui lui est promis par les enquêtes d'opinion...

(la suite sur Le Figaro par ici)

vendredi 24 mars 2017

Libertés basses et franchises municipales

Billets de soutien RA libellés "Jean Lassalle" à cliquer :
- Un berger à l'Elysée du 15/03/2017
- Jean Lassale, note liminaire du 19/03/2017
- But de la manœuvre du 22/03/2017


Première contribution programmatique de Royal-Artillerie au projet de Jean Lassalle :
les libertés basses.

« La France peut retrouver sa grandeur en prenant le temps de la construction d’une voie originale vers le bonheur. Elle part de la commune pour aller à l’infini. C’est le sens de ma candidature à la Présidence de la République.» (Jean Lassalle)
Une petite mairie de mon enfance

Communes ou paroisses de l'ancien temps sont la chaîne et trame de notre pays et tant pis si nos voisins ne sont pas administrés comme nous, ce qui est bien normal puisque nous sommes ici en pays gaulois. Pourquoi faudrait-il uniformiser les découpages administratifs en Europe ? Les tentatives d'uniformisation européenne ont jusqu'ici surajouté des strates inutiles et dispendieuses quand ce n'est pas créer des satrapies persanes au bénéfice des élus battus à l'étage national venus chercher une position sociale dans nos provinces. Voici ce que Jean Lassalle dit des communes et de leurs fonctions :

« J’ai ressenti, tout au long de mes marches, l’attachement de mes concitoyens à leur commune. En France, la conquête de nos libertés s’est réalisée à partir des communes. Elles ont été le point de départ de la construction de notre espace national. Combien de nos villes ou villages ont dans leur nom le mot «Villefranche » ?

J’ai appris à l’école que la France avait plus de 36500 communes. Certains ont prétendu qu’il y avait autant de communes en France que dans toute l’Europe des Douze. Et alors, où est le problème ? D’où vient cette volonté de politiques sans mémoire à vouloir en réduire le nombre ? Les structures sans âmes au sein desquelles la loi NOTRe veut les regrouper sont à la démocratie ce que les barres d’immeuble sont au vivre ensemble : une impasse.

Dans toutes les communes que j’ai traversées, j’ai établi des contacts avec leurs habitants. Essayez ! Vous verrez que c’est plus facile que dans la plus grande galerie commerciale. La commune respecte l’homme. Il s’agit d’une démocratie à hauteur d’homme. Je me bats pour l’avenir de mes enfants, de nos enfants. Je ne repars pas dans le passé.

J’ai été frappé de voir en Syrie la richesse, maintenant détruite, de ces « grappes » de villes et de villages qui occupaient l’espace. Il ne reste maintenant que des familles parquées dans des camps ou des habitations de fortune. La liberté a toujours favorisé la diversité. Mais sans cadre commun d’expression, la diversité se transforme en chaos.

Emmanuel Lévinas affirmait que « l’homme moderne est né de père inconnu ». Je connais mes ancêtres. Ils me donnent le courage de me battre aujourd’hui. A quoi bon mon existence, si je ne transmets rien d’autres à mes fils que des biens matériels ? Ils ont ma gueule, ma trogne. Mais si je veux leur transmettre mes valeurs, mon histoire, notre histoire, je dois sauvegarder mon éco-système démocratique communale. Difficile de tricher, de ne pas tenir parole quand vous êtes sous le regard et le jugement des autres. La démocratie s’apprend chaque jour. Elle ne supporte pas les compromissions. Elle n’a pas besoin d’expert. Mais elle exige pour fonctionner des hommes et femmes expérimentés. Elle est plus proche de l’artisanat que de la production en chaîne.

Dans la mondialisation, tout devient interchangeable. Tout doit se décider tout de suite. Bien sûr qu’il y a des urgences. Mais lors de la grève de la faim, j’ai éprouvé dans mon corps l’évidence qu’il est des choses trop fondamentales pour être abandonnées à une structure bureaucratique quelconque. J’ai également appris, lors de ce combat, le rôle du temps.

La France peut retrouver sa grandeur en prenant le temps de la construction d’une voie originale vers le bonheur. Elle part de la commune pour aller à l’infini. C’est le sens de ma candidature à la Présidence de la République.»

Qu'ajouter ? Rien ou presque et c'est justement beaucoup.

Chacun de nous s'identifie spontanément par sa commune de naissance ou résidence, et aussi par son département. Notons en passant que les équipes de sport émanent toutes d'une commune. Les autres strates administratives sont surimposées, artificielles. La commune doit redevenir une petite république ayant compétence sur tout, dans la mesure de ses capacités locales, contributives et de gestion.

Tout cela vient de loin. Les consuls de jadis n'ont eu besoin de personne pour arracher les franchises municipales à la Justice seigneuriale locale. Au chapitre, délicat pour l'époque, de la sûreté, ils en référèrent à leurs propres administrés qu'ils protégeaient par les milices bourgeoises et un service municipal du guet. Chaque ville faisait feu de tout bois au bénéfice de ses libertés souvent remises en cause par un nouveau seigneur ou le roi (tel qu'on appelait l'intendant). Il y eut aussi de grandes révoltes urbaines au temps des guerres de religion pour s'arracher au carcan du Premier ordre et la zone d'effort fut toujours la ville, sauf dans la guérilla des Camisards. C'est Louis XIV qui, le premier, a maté les communes en fonctionnarisant le maire, nommé par le subdélégué. La centralisation forcée était lancée, le jacobinisme plus tard écrasera la Gironde jusqu'à ce que l'on comprenne aujourd'hui que le gouvernement de ces bureaux distants devient vite insupportable et parfois inhumain.

Qu'on se débarrasse des encombrants, qu'on débande leur bureaucratie, et qu'on applique strictement le principe de subsidiarité qui veut que la structure au contact d'un problème n'en appelle à l'étage supérieur que lorsqu'elle est dépassée ; et que l'étage référent ne s'implique pas dans le gouvernement de l'étage subordonné tant qu'il n'y est pas invité. En trois mots : Vive la Liberté ! et c'est devenu en France soit-disant démocratique une REVOLUTION !

L'État invasif actuel ne comprendra jamais sa nocivité intrinsèque pour le développement des responsabilités personnelles et citoyennes. La providence normée et caporalisée est une calamité sociale et mentale en ce qu'elle suce les énergies pour nourrir sa propre perpétuation. A force d'aider, d'assister, de redistribuer, et donc d'assujettir, contrôler, canaliser, on lève une génération de pleutres mais aussi de malins, habiles à capter les ressources gratuites. Des villages entiers vivent aujourd'hui de subsides publics d'al brès à la toumbo. Qu'apprennent leurs enfants ? à s'orienter dans le maquis de la rente sociale !!!

Il faut revenir au fondamentaux des franchises municipales pour débonder les ressources créatives de croissance locale, et remonter l'essartage bureaucratique jusqu'au sommet, sans dramatisation ni faire droit au vacarme des déboisés. Cette proposition simple et puissante, fondamentale dans son exécution puisqu'elle s'assure du socle institutionnel premier, est le marqueur de la campagne de Jean Lassalle.


Versailles


Et maintenant, la meilleure des conclusions, la déclaration du candidat devant l'Association des Maires de France, un appel au courage (courtoisie du team de campagne):



Prochain billet à l'autre bout de la chaîne de gouvernement : l'Europe.

share

mercredi 22 mars 2017

But de la manœuvre


Il reste trente jours. Soutenir Jean Lassalle pour son opiniâtreté, sa résilience et sa volonté de gouverner notre Bien commun par le bon sens est indispensable pour le Piéton du roi depuis que se sont effondrés les candidats royaliste et apparenté dans la chasse aux parrainages.

JL Mélenchon
Loin du racolage péripatéticien des candidats dits majeurs - insulte quotidienne à l'intelligence et à l'esprit français - Jean Lassalle exprime le changement indispensable au pays avec des mots qui n'ont pas besoin d'être expliqués, décortiqués, raccrochés à des thèses savantes. On le comprend du premier coup. Enfin, moi, je le comprends du premier coup parce que je partage avec lui la souche paysanne climatisée et j'accepte la sanction de mes erreurs sans agonir le Ciel ou le cheval des labours déviés. Mais je ne suis ni sourd ni bête et sais bien que les sondages d'opinion aussi trafiqués soient-ils - ils le sont à l'intérieur de la marge d'erreur - ne lui donnent aucune chance de monter en Division 1 le 24 avril 2017. Alors quoi ?

D'abord le candidat doit franchir un seuil important de 5% des suffrages exprimés pour prétendre au remboursement par l'État de ses frais de campagne. Au-dessous de la barre, c'est tout pour lui et ses amis. Donc soyons concrets et travaillons sur un objectif chiffré précisément et atteignable ; 708 parrainages validés par le Conseil constitutionnel nous l'indiquent.

Ensuite et j'en terminerais pour aujourd'hui, plus son score sera haut, mieux il pourra négocier l'inclusion d'une ou plusieurs de ses propositions dans le projet du candidat qualifié au second tour sur lequel il demandera à ses électeurs de reporter leurs voix le 8 mai 2017. Donc l'ardeur du soutien que tous et chacun mettront à promouvoir Jean Lassalle ne sera ni gratuite ni perdue.


Haut les cœurs !
Ne nous laissons pas manipuler par les faiseurs de rois qui nous enjoignent de voter utile dès le premier tour pour barrer la route à celui-ci ou celle-là. Vous avez convaincu le peuple que la démocratie c'était super, en oubliant qu'elle pouvait être le vecteur de tout et du meilleur comme nous le dit à l'occasion le sultan Erdogan : la démocratie c'est comme un train, à destination, on descend ! Assumez, messieurs les démocrates de boudoir et foutez-nous la paix avec les scories du concept que vous avez promu pour assurer le succès de vos établissements familiaux.

Exprimons librement nos vœux pour la France en votant droit, en votant clair : Jean Lassalle.

share

lundi 20 mars 2017

Pékin : contraindre autrui au libéralisme

Cet article a paru dans l'Action française 2000 du jeudi 16 mars (n° 2951) en page 7 sous le titre La Dictature libérale d'un Etat communiste. Il accompagnait la mission du Secrétaire d'Etat Rex Tillerson en Asie du Sud-Est et particulièrement sa visite à Pékin, préparatoire au sommet Xi-Trump du mois d'avril en Floride. Le texte original entre en archives RA.

Faire revenir l'Empire du Milieu au balcon du monde exige du gouvernement chinois des solutions sûres et définitives. Confronté à des défis insurmontables partout ailleurs, son seul atout est l'absence d'élections générales rapprochées qui obligeraient à dévier dans un sens puis dans un autre. Le premier défi est un héritage de l'enfant unique. Selon le Bureau national de la statistique, la pyramide des âges a ajouté en cinq ans 45 millions de personnes âgés d'un côté et a réduit de 33 millions d’emplois la force de travail censée les soutenir. Cette démographie inversée à l'allemande convoque les mêmes remèdes qu'outre-Rhin : la modernisation forcée de l'outil productif et le rehaussement technique de la main d'œuvre. Une réforme difficile est aujourd'hui la réduction d’énormes capacités excédentaires de production dévoreuses de crédits publics et leur redéploiement où nécessaire. Elle est décidée. Ceci veut dire en clair, des licenciements massifs dans les industries obsolètes et un recyclage général par une formation professionnelle d'ampleur. En libéral qui ne dit pas son nom, Xi Jinping n'entend pas ralentir la course à l'efficacité économique et à la qualité des fabrications toujours améliorée, parce que c’est le meilleur frein à l'invasion du sol national par des productions étrangères. L’élagage de millions d'emplois est compensé par des immobilisations massives sur tous les hauts de bilans privés et publics : 45 trillions de yuans (6,5 trillions de dollars US) sont programmés par les régions en 2017 (le régime est décentralisé depuis longtemps). Au dehors, le marché mondial est vital pour la rationalisation de la production et pour la commercialisation des excédents qui alimentent la pompe et grossissent les stocks de devises à réinvestir dans le pays ; ce monde extérieur doit être libre !
Les lois de la mondialisation ont prouvé leur efficacité chez qui sait faire. C'est le message que monsieur Xi a passé à l’Occident au sommet de Davos cet hiver. Entraver la libre circulation des marchandises serait bien plus grave pour lui que de bloquer l'accès à trois récifs de corail en Mer de Chine. Les discussions inévitables avec les Etats-Unis d'Amérique vont devenir globales et se durcir pour préserver l'accès aux marchés solvables du monde. Entre-temps la dénonciation du Partenariat Transpacifique par Donald Trump va lui montrer combien la mondialisation a horreur du vide si la Chine se substitue aux Etats-Unis.

Le fond de sauce chinois de la dialectique sino-américaine est dans une compréhension des intérêts impériaux réciproques : nous savons les vôtres, connaissez les nôtres. La liberté des échanges à travers les règles de l’OMC inventées par les Anglo-saxons, leur est indispensable pour rassurer un milliard presque quatre cent millions de gens. Pourquoi créer des problèmes dont la solution en créera de nouveaux ? Pourquoi vouloir faire payer au commerce mondial les dysfonctionnements que les Etats-Unis affrontent à un moment donné ? Le patron d’Exxon promu au Département d’État va très bien comprendre cela.
Pragmatique dans ses orientations et adepte des petits pas depuis Deng Xiaoping, la Chine vient de comprendre qu’il lui fallait sortir par le haut du tête-à-tête avec Washington et conceptualiser les relations internationales sur un plan global décompartimenté. Plutôt que d'asséner comme avant, elle discute, démontre et laisse les géo-stratèges inventer des menaces qu’elle ne brandit pas. Sa diplomatie et ses instituts linguistiques diffusent déjà une idée de libéralisme économique dans le droit fil de la liberté des mers défendue jadis par la Grande Bretagne à coups de canon. Mais la mondialisation n’induit pas la globalisation.

La Chine ne se fondra pas dans le moule décadent occidental. La dictature intérieure trop malmenée par le cyberespace et le caractère frondeur et violent des Hans, ne s'assouplira pas car le Parti sait combien le grand frère soviétique a payé cher sa naïveté, mais la promotion inlassable d’une libéralisation des relations extérieures va devenir une priorité sans pour autant déteindre sur une démocratisation des mœurs intérieures, simplement déjà parce que la démocratie obère le projet titanesque du China Dream. Monsieur Xi ne peut tout faire et n’en a pas envie.


Sources
(a) http://news.ltn.com.tw/news/focus/paper/1082360 - mode de négociation avec le Kuomintang de Taïwan.
(b) http://news.xinhuanet.com/politics/2017-02/28/c_1120545454.htm - décision du Groupe de conduite des affaires économiques du redéploiement des excédents productifs avec plans de formation pro.
(c) http://www.chinatimes.cc/article/64563.html - In 2017, China to Stimulate Economy with 45 Trillion Yuan Investment in Fixed Assets (6T$) auxquels s'ajoutent 154 milliards de l'Etat central dans l'eau, les transports et l'énergie.
(d) http://datanews.caixin.com/2017-02-27/101059600.html - China’s National Bureau of Statistics released in January 2017, at the end of 2016, the number of working-age population who were between the ages of 16 and 60 was about 33.25 million lower than in 2011. At the same time, China’s population aged 60 years and over at the end of 2016 increased by 45.87 million compared with 2011.
(e) http://news.xinhuanet.com/world/2017-02/26/c_129496228.htm (Fudan University on NAFTA) - U.S. does not face its own domestic economy, political, and social structure issues but rather blames unfairness and an imbalance in international trade deals, it will not help to solve its own problems. Rather, it will hurt others as well as itself.

Postscriptum:
La rencontre Xi-Tillerson relatée par le New York Times et par l'agence Chine Nouvelle.

share

Printfriendly