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vendredi 9 décembre 2016

Hermosa Reina

 

Marie-Marguerite de Bourbon ©Hola

L'hebdomadaire madrilène ¡HOLA! offre à ses lecteurs un reportage* sur l'épouse de Louis de Bourbon, duc d'Anjou, héritier de la branche aînée par le rameau du dauphin de France que Louis XIV envoya à Madrid pour succéder à Charles II l'Ensorcelé. On peut trouver ce magazine en France dans les grandes villes et voir un peu de quoi s'agit-il en cliquant ici.

La jeune duchesse nous apparaît sous les traits d'une femme séduisante, au charme intact, avec ce regard dévastateur qui vous fait chavirer dès qu'elle le plante dans le vôtre. Sans doute est-ce l'explication d'un zeste de timidité. Elle est maintenant ambassadrice de la Fondation We pour la section "équitation" en tant que cavalière émérite bien connue du circuit hippique espagnol. La fondation est une ONG sociale multicartes à caractère entrepreneurial. On peut s'en faire une idée en cliquant là pour naviguer ensuite parmi ses nombreux secteurs d'activité. La section "équitation" vise au développement personnel de jeunes trisomiques, handicapés ou délaissés. C'est un protocole voire une thérapie qui a fait ses preuves. Marguerite de Bourbon saura récolter tout le nécessaire auprès de généreux mécènes.

Une petite notice Wikipedia vous dit l'essentiel sur la belle princesse, mère de trois enfants dont l'aînée, typée amérindienne, fera une très jolie jeune fille d'un tempérament affirmé. Il est amusant de voir la faveur dont jouissent les Ibéricaines chez les princes français. Henri d'Orléans, Charles-Philippe d'Orléans, Jean d'Orléans sont tous mariés à des péninsulaires. Il est vrai que Blanche de Castille avait fait forte impression.



(*) ce reportage a été signalé en France par Régine Salens de Noblesse & Royautés


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lundi 5 décembre 2016

Boutang Reloaded !

Olivier Véron réédite Boutang aux Provinciales. Après La Politique comme souci dont nous avions parlé, voici le pamphlet de 1977 Reprendre le Pouvoir. L'éditeur se fendant d'une quatrième de couverture tirée de la conclusion du bouquin, nous aurions mauvaise grâce à vous imposer la nôtre, nous limitant à achever le chapitre.

À l’instant élu la communauté tout entière, par l’effet de l’universelle agression qu’elle a subie, peut être capable de consentir à la décision d’initier un nouvel âge héroïque. Il ne sera certes pas celui des philosophes, nouveaux ni anciens. Les philosophes, s’ils se délivrent de leur préjugé que l’Esprit doit être sans puissance et que tout pouvoir est mauvais, y pourront jouer un rôle moins absurde, finalement, que celui de Platon à Syracuse. Quant aux spirituels, c’est l’un d’eux, Martin Buber, qui prophétisait la bonne modification du pouvoir en un nouvel âge  :
«  Je vois monter à l’horizon avec la lenteur de tous les processus dont se compose la vraie histoire de l’homme, un grand mécontentement qui ne ressemble à aucun de ceux que l’on a connus jusqu’ici. On ne s’insurgera plus seulement, comme dans le passé, contre le règne d’une tendance déterminée, pour faire triompher d’autres tendances. On s’insurgera pour l’amour de l’authenticité dans la réalisation contre la fausse manière de réaliser une grande aspiration à la communauté. On luttera contre la distorsion et pour la pureté de la forme, telle que l’ont vue les générations de la foi et de l’espoir.  »
Un "nouveau Moyen Âge" comme l’ont entrevu Berdiaeff et Chesterton  ? Les ricorsi ne sont pas de pures répétitions ni même de simples renouvellements. Sûrement  : une manière de rendre vaine l’opposition de l’individualisme et du collectivisme, telle qu’en usent, pour leurs courtes ambitions, les barbares et les freluquets. L’âge des héros rebâtira un pouvoir  ; il n’est pas de grand siècle du passé qui ne se soit donné cette tâche : même aux âges simplement humains, où les familles, lassées de grandeur, confiaient à quelque César leur destin, à charge de maintenir le droit commun, le pouvoir reconstruit gardait quelque saveur du monde précédent. Notre société n'a que des banques pour cathédrales ; elle n'a rien à transmettre qui justifie un "appel aux conservateurs" ; il n'y a d'elle, proprement dite, rien à conserver. Aussi sommes-nous libres de rêver que le premier rebelle, et serviteur de la légitimité révolutionnaire, sera le Prince Chrétien.

A commander pour 20 euros seulement sur le site des Provinciales en cliquant ici.


Pour avancer sur Boutang et le pouvoir légitime, on peut consulter la notice de François Huguenin, insérée dans le livre d'Antoine-Joseph Assaf en cliquant là.


On terminera par un témoignage de Juan Asensio sur l'éditeur, dans un de ses rares bons jours, qui n'en a que plus de prix :

Les Provinciales, sous forme de lettres confidentielles au rayonnement cependant certain, ont fait du travail d’écriture de quelques-uns le véritable visage littéraire d’une France défigurée.

Juan Asensio, Le Stalker



PS du 9.12.2016 : on fera grand profit de l'article de Sébastien Lapaque dans le Figaro du jeudi 8 décembre en cliquant sur l'image ci-dessous et une fois encore pour l'agrandir :

page du Figaro

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jeudi 1 décembre 2016

Hollande bâché


SIC VOLVENDA ÆTAS COMMUTAT TEMPORA RERUM
QUOD FUIT IN PRETIO FIT NULLO DENIQUE HONORE¹
(1) Ainsi le temps aux biens donne et reprend leur prix
Ce qui fut honoré rentre dans le mépris


Le président Hollande qui fut éduqué chez les Frères des Ecoles Chrétiennes a pu méditer ces beaux vers de Lucrèce en ce funeste jour de sa résignation. Sépulcral, mais digne et au besoin, émouvant, il a réussi l'examen de sortie... de la vie politique qui fut toute la sienne, ne sachant rien faire d'autre, affairé depuis toujours à la manœuvre et aux combinaisons d'appareil. Cela ne pouvait suffire dans l'éminente fonction qu'il avait visée et le livre assassin² de Davet et Lhomme nous l'avait démontré.


cliché Lionel Bonaventure/Pool/AFP


Bon administrateur de profession, François Hollande va expédier les affaires courantes délivré du stress de sa réélection et libéré des soucis d'image qui littéralement le bouffaient. Sans doute va-t-il tranquillement peaufiner son grand discours de départ du palais de l'Elysée en mai 2017, ce que nos présidents savent faire le mieux finalement !

La décision ne balançait qu'avec une autre, celle de démissionner tout de suite pour provoquer une élection anticipée. Il n'a pas voulu se venger de son parti et a préféré jeter l'éponge. Les socialistes devraient le remercier. Le calcul était si simple pourtant : s'inscrire à une élection primaire de sélection du parti malgré sa qualité de président de la République était une humiliation insupportable à la limite du grotesque. Sauter la primaire pour se représenter directement à l'élection du mois d'avril ne l'assurait de rien plus qu'une autre humiliation : ne pas passer le premier tour comme Jospin en 2002. Acter du "désastre" maintenant était moins risqué pour sa signature dans les livres d'histoire, il y aura gagné un peu de hauteur et son discours était carrément bien !

La démagogie va pouvoir maintenant s'exprimer dans toute sa puissance, les tribuns se prendront à la gorge, ce sera la foire d'empoigne comme la France en a tant connues. La chasse est ouverte, les calibres chargés, les yeux s'injectent de sang, le peuple paiera ! Entre-temps la passerelle sera occupée par un commandant résigné et serein, ce qui ne sera pas plus mal au milieu des dangers qui nous guettent.


(1) De Rerum Natura (Lucretius)
(2) "Un président ne devrait pas dire ça..." chez Stock

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